CHOIX DES SPÉCIALITÉS : LE MUR DU RÉEL

lundi 15 avril 2019
par  TIRABI Thierry

CHOIX DES SPÉCIALITÉS


LE MUR DU RÉEL

Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1427, avril 2019
Par Sébastien VIEILLE, secrétaire national à la pédagogie
Adressée, le 6 mars 2019, par la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire à l’ensemble des recteurs d’académie, une note de service vient expliquer comment traiter les choix de spécialités de première générale. Dans l’ensemble, les difficultés que nous pressentions se confirment.

Le cadre règlementaire est : « le choix des enseignements de spécialité de première générale » incombe « aux familles. »

Mais, très vite, une formulation met la puce à l’oreille. Il faut « favoriser la meilleure satisfaction possible des choix des élèves ».

Et dans la note de la DGESCO, le choix des familles rencontre violemment l’affectation de l’élève et la structure de l’établissement.

Dans son établissement, la satisfaction de l’élève dépendra de la possibilité d’ouvrir ou non une spécialité et de la possibilité ou non de coupler des spécialités eu égard aux « contraintes de l’établissement ». Mince, il faut que cela rentre dans les emplois du temps !

J’allais oublier – eût dit un célèbre personnage de fiction – que les groupes ne sont pas extensibles. Là, l’obtention de la spécialité dépendra des résultats de l’élève en seconde dans les disciplines en lien avec cette spécialité et des recommandations émises par le conseil de classe (c’est un moindre mal).

Mais alors ? Que faire pour les familles ?

Changer d’établissement pour faire la spécialité que l’on veut, évidemment ! Enfin, une fois les élèves de l’établissement visé satisfaits. Ils sont, en effet, prioritaires. Et les demandes seront examinées par une commission présidée par l’IA-DASEN.

Alors, il faut espérer une convention ou une mutualisation avec un lycée voisin. Amis de la « ruralité » bonjour ! Sinon, passez par le CNED. Enfin, si un professeur référent est désigné dans le lycée et si le recteur donne son « accord explicite ». Faute de quoi, il faudra prendre le quatrième choix que l’on avait fait au deuxième trimestre ou se rabattre sur une spécialité que l’on n’avait pas demandée.

On comprend bien pourquoi la note demande « une traçabilité » de tout le processus d’orientation. Qui veut la paix…

Le SNALC, conscient qu’aucun vieux monsieur barbu vêtu de rouge ne travaille au ministère, a toujours pensé que cette annonce du choix laissé à l’élève était grandement exagérée. C’est pour cela que, dès le départ, nous avons dit non à cette réforme du lycée.


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