RAPPORT VILLANI-TOROSSIAN : LA FRONTIERE ENTRE LIBERTÉ PÉDAGOGIQUE ET PILOTAGE EST TENUE

mercredi 6 novembre 2019
par  Sébastien LECOURTIER

RAPPORT VILLANI-TOROSSIAN :
LA FRONTIERE ENTRE LIBERTÉ PÉDAGOGIQUE ET PILOTAGE EST TENUE


Véronique MOUHOT
Elue en CTSD
veroniquemouhot@gmail.com
Le 05 novembre 2019

Loin de remettre en cause les recommandations du rapport, le SNALC, qui salue la préconisation de l’enseignement explicite au passage, ne peut taire la mise en place drastique par endroits de la formation Villani-Torossian et ses 21 mesures pour l’enseignement des mathématiques.

En effet, le SNALC a constaté que cette formation se décline de manière inégale sur le territoire. Des écoles concernées voient parfois les 18h dévolues à la formation continue entièrement dédiées à cette approche mathématique, celle-ci finissant par ressembler davantage à du formatage qu’à un pilotage.

Lorsque le pilotage devient aussi contraignant, avec plus de 27h de formation dans certaines circonscriptions, décomptées sur les deux demi-journées de prérentrée, la journée de solidarité voire même sur les APC, avec l’objectif affiché de filmer des professeurs en classe, la liberté pédagogique semble reléguée au second plan. Le SNALC a donc officiellement demandé au Ministère des précisions sur le décompte de cette formation et attend des réponses claires.

Rajoutons que le fait d’empiéter sur les APC, déjà entamées par les évaluations CP-CE1, vient confirmer ce que tout le monde pense tout bas des activités pédagogiques complémentaires. L’institution n’accorde finalement pas tant de crédit que cela à ces APC, si elle priorise la formation Villani-Torossian par rapport aux éventuels besoins des élèves.

En dépit des belles phrases déclaratives du rapport sur la liberté pédagogique, dans les faits, sur le terrain, les professeurs se sentent aux abois.

Leur langue se délie lorsque le SNALC vient à leur rencontre : « Je ne veux pas être filmé ! », « Je ne veux pas que l’on vienne me voir dans ma classe ! », « Je ne veux pas abandonner mes projets en place pour Villani. », « Pourquoi je ne peux plus continuer ACE (Arithmétique et Compréhension à l’École) ? ».

Le rapport avance que « nombreux sont les professeurs des écoles qui se sentent fragiles, voire incompétents en mathématiques. Ils suivent alors une méthode qui les rassure, se raccrochent à des fichiers « emprisonnants » qui font passer à côté des enjeux de la discipline (mathématique).  » Pourtant, nous pouvons lire plus loin que : « Même si l’on observe une certaine efficacité des systèmes qui proposent un manuel unique, puisque la cohérence et la continuité y sont obligatoirement assurées, il est reconnu qu’une méthode ne fonctionne qu’avec l’engagement total de l’enseignant. » Edifiants aveux…

Voilà où le bât blesse. Comment faire preuve d’un engagement total lorsque la méthode est proposée de manière forcée ? Comment y croire quand on vous interdit de commander le moindre fichier de mathématiques pour la rentrée 2019, certains IEN allant jusqu’à bloquer les commandes dans les écoles ?
La méthode Villani prône une démarche réflexive qui promeut l’observation conjointe entre pairs. Pour autant les professeurs des écoles ont le sentiment de n’être plus que de simples exécutants qui seront épiés à l’avenir. Le SNALC redoute que les professeurs soient montrés du doigt dans leur classe et par les trois évaluations annuelles recommandées par le rapport, pour lesquelles l’obligation de résultats sera de la « responsabilité partagée de l’enseignant et de la circonscription ».


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