RETOUR À L’ÉCOLE : UN RISQUE À PRENDRE ?

vendredi 17 avril 2020
par  Sébastien LECOURTIER

RETOUR À L’ÉCOLE :

UN RISQUE À PRENDRE ?

Avec Jean-Rémi Girard, président du SNALC, au micro de Laurence Ferrari, dans l’émission PUNCHLINE du mardi 14 avril 2020, sur CNEWS.
Cliquez sur l’image pour lancer la vidéo :
L’intervention de Jean-Rémi Girard commence à partir de 1:00:40

EXTRAITS :

Citation :

Partagez-vous cette inquiétude des français avec vos collègues ?
"Bien sûr, très fortement. On a découvert cela avec les annonces et on est en train d’essayer de comprendre comment ça pourrait s’organiser. Pour le moment c’est très flou, avec des petits groupes de 8 à 10 ?... Dans ce cas, on n’est pas en train de réouvrir les écoles puisqu’on ne fera pas cours à des classes. On ne peut pas faire cours en respectant la distanciation sociale si on a trop d’élèves, pas que chez les plus jeunes."

Comment s’exprime cette inquiétude ? Par le droit de retrait ?
"On n’en est pas encore là. Le mois dernier, on avait des annonces politiques fortes désavouées le soir même. On est là le 15 avril : RV fin avril début mai pour voir où on en est. Au SNALC, on réclame que le fameux Conseil scientifique, sur lequel s’appuie le gouvernement, rende un avis public écrit sur cette question de la réouverture des écoles pour voir si c’est possible et à quelles conditions. En revanche, on peut continuer à faire de l’accueil, voire l’élargir."

A propos du Conseil scientifique, on a dit qu’il fallait compter sur 15 000 contaminations par jour au moment du déconfinement.
"On nous fait des annonces politiques et nous n’avons pas nous citoyens, personnels et parents d’élèves, d’éléments scientifiques à lire ou comprendre, mais des annonces politiques arrivées de nulle part. Sur quoi ça repose et à quelles conditions ? ça concerne quand même plus de 12 millions d’élèves et plus d’un million de personnels : 1 sixième de la population française ! qui pourrait ainsi relancer l’épidémie. On a besoin d’avis scientifiques éclairés, publics."

Et l’argument du président de la République : c’est pour aider et récupérer les enfants les plus défavorisés ?
"Cet argument est faux ! On a tous très bien compris que l’argument premier est économique. On ne peut pas redémarrer la France avec chacun qui s’occupe de ses enfants, ce qu’on peut parfaitement comprendre. Il faut le dire, ce n’est pas un gros mot. Mais n’allons pas faire porter cette responsabilité sur les enfants des banlieues et les enfants des zones rurales. De toute façon, on ne va pas s’occuper des enfants défavorisés si on est en groupe de 8. On fera de petites choses si on reprend mais l’année scolaire est globalement finie. Les enseignants font tout ce qu’ils peuvent pour raccrocher ces élèves-là, ils appellent les familles, mais il ne faut pas se moquer du monde"

Si on propose aux parents le choix pour leur enfant de retourner ou non à l’école, beaucoup vont garder leurs enfants. Donc des classes de 10 à 15 élèves. Dans ces conditions et avec les conditions sanitaires, seriez-vous d’accord ?
"Vous avez dit l’expression exacte : "accueillir" les élèves. C’est quelque chose qu’on fait déjà au moment où je vous parle. Faut-il l’élargir à d’autres catégories ? On est prêts à en discuter à partir du moment où on a des masques, du gel, du savon, etc. On a mis cet accueil en place avec des volontaires qui, il faut le savoir, n’avaient pas de masques, et parfois pas de savon. Mais ça, ce n’est pas réouvrir les écoles, c’est assurer de l’accueil ; et ça continuera sans nul doute, des collègues seront volontaires. Mais la question de la distanciation sociale, à 15, pose problème : les professeurs des écoles savent que les enfants, de maternelle notamment, ne sont pas en mesure de respecter cette distanciation sociale. Nous allons poser nos questions au ministre pour avoir le maximum de réponses. CEla n’exclue pas l’obligation d’un avis scientifique sur la question, les enfants asymptomatiques, la transmission, etc."

En France, la décision de réouvrir les écoles s’est prise contre l’avis de l’INSERM et sans l’avis du Conseil scientifique. Nos proches voisins européens font l’inverse de la France et notre position ressemble davantage à celle des pays nordiques (Danemark...)
"On a des courbes de mortalité qui ressemblent plus à celle de l’Italie qu’à celle de la Norvège. Donc, si on doit faire une réouverture progressive, on a besoin d’avoir une certitude scientifique. Le pire qui pourrait arriver, ce serait de recréer des clusters à l’intérieur des établissements scolaires."

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Consulter la rubrique dédiée sur le coronavirus


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