Le baccalauréat sera en contrôle continu ou il ne sera pas

lundi 15 juin 2020
par  Sébastien LECOURTIER

Le baccalauréat sera en contrôle continu ou il ne sera pas

Par Sébastien VIEILLE,
Secrétaire national à la pédagogie,
pedagogie@snalc.fr
Le 14 juin 2020

Même si les textes officiels ne sont pas encore publiés, nous savons aujourd’hui ce que sera le baccalauréat 2020.

Un mal nécessaire

D’un point de vue sanitaire comme d’un point de vue pédagogique, il eût été inconcevable de maintenir les épreuves. En effet, en premier lieu, les normes de distanciation physiques auraient été intenables et le risque de relancer une propagation du virus en maintenant un grand nombre de personnes dans des salles closes aurait été trop grand. Dans le même temps, il fallait prendre en considération le fait que la continuité pédagogique à distance ne saurait remplacer un véritable acte pédagogique. En substance, les élèves n’auraient pas pu être prêts pour de vraies épreuves, réellement exigeantes et témoignant des acquis des élèves de manière convenable. C’est en ce sens que le SNALC – qui a toujours été et reste opposé à la logique du contrôle continu pour ce qui concerne une évaluation certificative comme le baccalauréat – a accepté la mise en place de ce pis-aller.

Comment le contrôle continu se met-il en place ?

Comme à l’accoutumé, nous remplirons les livrets scolaires des élèves et le conseil de classe aura la charge d’émettre un avis.

Ce qui change dans les faits est ce que l’on appelle la « collante ». En effet, au lieu des notes des épreuves, les enseignants devront renseigner – sur la plateforme « ocean » d’après les échanges que le SNALC a eus au Conseil Supérieur de l’Education – les moyennes du premier et du deuxième trimestre afin d’obtenir la note du baccalauréat.

Que l’on se comprenne bien ! Il existe, dans certains établissements, une volonté, émanant de la hiérarchie ou non, de bidouiller des notes pour le troisième trimestre afin de remonter les notes des élèves ou de donner une vision plus exacte de leur évolution. Cela ne sert à rien et doit en réalité passer par les appréciations des bulletins et des livrets scolaires.

Que se passe-t-il ensuite ?

Dans un premier temps, le jury – académique, cette année – fait l’harmonisation. Pour ce faire, il dispose du livret de l’élève et de ses notes ainsi que d’informations sur l’établissement, comme les résultats du baccalauréat en 2019 et les moyennes du contrôle continu en 2020. Pour cette harmonisation, le jury peut se diviser en sous-jurys qui effectuent les tâches soit à un niveau géographique plus restreint soit au niveau d’une série pour la voie technologique. Cela sera principalement le cas dans les académies accueillant un nombre important d’élèves.

Après avoir harmonisé – c’est-à-dire remonté les notes – le jury, en plénière, octroie le diplôme ou non. Il envoie des élèves aux épreuves de rattrapage les élèves ayant entre 8 et 10 comme de coutume. Mais cette année, dans des cas exceptionnels, il peut envoyer au rattrapage un élève proche du 8 et méritant une chance.

Les résultats seront affichés le 6 juillet et les épreuves de rattrapages auront lieu du 8 au 10 juillet.

Là intervient une autre situation exceptionnelle : le jury peut décider d’envoyer un candidat ayant échoué au premier et / ou au second tour aux épreuves de septembre.

Et qu’en pense le SNALC ?

On le voit bien. Le baccalauréat de cette année sera. Il sera en contrôle continu et sera très bienveillant. Mais dans une situation exceptionnelle et grave, le SNALC doit savoir s’adapter et faire, lui aussi, preuve de bienveillance à l’égard de l’institution.

Malgré cela, notre syndicat a tout de même posé des garde-fous. Certains, parmi les organisations syndicales, fervents adeptes de l’autonomie des établissements et de la gestion locale à outrance au mépris du caractère national de l’enseignement et des diplômes, eussent souhaité que l’harmonisation se fît dans les établissements, lors des conseils de classe. On imagine parfaitement les dérives et les inégalités qu’un tel système eût engendrées, selon l’établissement voire même selon l’équipe pédagogique. Le SNALC a combattu cette idée. Même si notre syndicat est conscient que l’harmonisation aura pour but de maintenir un certain pourcentage de réussite, il est important de garder une volonté d’objectivation que seuls l’anonymat et la distanciation peuvent induire. Ça reste le baccalauréat, tout de même !


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