Le prédicat : mal défini, inutile et idiot

lundi 23 janvier 2017
par  Sébastien LECOURTIER

Communiqué de presse du SNALC-FGAF du 23 janvier 2017 :




Le prédicat : mal défini, inutile et idiot




Le SNALC-FGAF constate que, deux semaines après l’arrivée du prédicat sur la scène médiatique, preuve est faite de l’imbécillité de l’introduction de cette notion universitaire dans des programmes scolaires.

Depuis deux semaines, les deux principaux responsables du Conseil Supérieur des Programmes donnent deux définitions différentes de la notion, qui ne se rejoignent pas. Les concepteurs des programmes eux-mêmes (dont une linguiste) sont donc incapables d’être d’accord sur ce qu’est le prédicat à l’école et au collège. Et l’on charge les élèves et leurs professeurs de lever la contradiction…

Depuis deux semaines, aucun argument pertinent n’a été apporté quant à l’utilité pour les élèves de l’introduction de cette notion. On attend toujours de savoir en quoi elle permet de mieux rédiger, ou bien de mieux comprendre, alors même qu’on supprime l’étude de la cause, de la conséquence, de la condition… pour tout coller dans une tripartition sujet/prédicat/compléments de phrase indifférenciés.

Depuis deux semaines, le prédicat sert de révélateur aux dysfonctionnements de notre système éducatif. Par lui, on constate l’hétérogénéité des consignes données aux collègues sur des notions grammaticales qui auraient dû être parfaitement définies en amont. D’une académie à l’autre, d’un document à l’autre, d’un inspecteur à l’autre, la notion varie, fluctue, et les injonctions divergent.

Le SNALC rappelle que les programmes sont nationaux et n’ont pas à être soumis à des interprétations locales. Néanmoins, nous comprenons l’embarras des cadres académiques face à des documents mal rédigés et à des consignes données à la va-vite pour juguler la déferlante médiatique.

Le SNALC l’affirme, et peut le prouver : oui, l’objectif était bien de supprimer l’étude des compléments d’objet, et non de la repousser en classe de 5e. Et c’est uniquement grâce à l’intervention du SNALC et contre l’avis du Conseil Supérieur des Programmes que l’accord du participe passé avec avoir figure dans les programmes.

Le SNALC demande que la question des programmes de français soit mise à l’ordre du jour de la prochaine réunion du comité de suivi des programmes.



Contact :
Jean-Rémi GIRARD, vice-président du SNALC, girardsnalc@yahoo.fr





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