RÉFORME DU LYCÉE : PAS À LA HAUTEUR

lundi 30 avril 2018
par  Sébastien LECOURTIER

RÉFORME DU LYCÉE :

PAS À LA HAUTEUR


Par Jean-Rémi GIRARD, vice-président du SNALC et Alice EISSEN, secrétaire nationale à la pédagogie
Article publié dans la QUINZAINE UNIVERSITAIRE - #1416 - MAI 2018
Autant le Ministère avait su en grande partie répondre aux arguments du SNALC au sujet du baccalauréat, autant sa réforme du lycée est restée problématique jusqu’au bout. Le SNALC a voté contre : on vous explique pourquoi.

UN POINT DE DÉPART POURTANT INTÉRESSANT

Dès le début des négociations, le SNALC a bien remarqué que la réforme proposée pour la voie générale avait des points de convergence avec son projet de Lycée de tous les savoirs : des parcours plus variés, correspondant davantage à la diversité des capacités (et des intérêts) de nos élèves. De même, on nous a rapidement garanti que la voie technologique ne serait pas touchée. Si le rapport MATHIOT avait fait plus que nous inquiéter sur le lycée (avec par exemple ses idées de semestrialisation), l’administration, elle, semblait à notre écoute et prête, enfin, à faire une réforme allant dans le bon sens.

DES NÉGOCIATIONS DANS L’URGENCE

Toutefois, une chose nous a rapidement alertés : le manque cruel d’informations sur des pans entiers de la réforme. Alors qu’il s’agissait d’entreprendre des changements importants, nous n’avons pendant longtemps obtenu aucune information précise sur l’organisation de la classe de seconde. De même, impossible d’avoir quoi que ce soit de concret sur la voie technologique, qui s’est révélée nettement plus modifiée que prévu. Enfin, rien non plus sur les enveloppes horaires d’autonomie et leur cadrage, qui constituent pourtant le nerf de la guerre dans les établissements. Tout s’est donc fait dans un calendrier très resserré, qui ne permettait clairement pas que le travail syndical s’effectue dans de bonnes conditions. Certains problèmes, que nous avions pourtant remontés depuis longtemps (choix des disciplines scientifiques en terminale, orientation en CPGE scientifiques, spécialités pluridisciplinaires non cadrées), ne trouvaient aucune réponse concrète.

L’AUTONOMIE, L’AUTONOMIE, L’AUTONOMIE

À l’arrivée, si certains points sont pertinents (la classe de première générale, par exemple, est plutôt bien construite sur le plan des spécialités) et si le Ministère a fait quelques efforts (voir encadré), il partait de trop loin. À un moment, la stratégie du « on vous propose une première version très mauvaise et on l’améliore ensuite sans pour autant revenir aux moyens actuels » a ses limites, et les responsables du SNALC savent se servir d’une calculatrice.

Nos instances se sont donc très largement prononcées contre ce projet de réforme au Conseil Supérieur de l’Éducation (un vote interne organisé le jour même, prenant en compte les modifications apportées en séance, a clairement indiqué que 92 % des académies ayant répondu étaient contre la réforme). Rappelons que le SNALC s’était opposé avec force à la réforme de 2010. Celle proposée ici s’inscrit clairement dans une logique similaire : l’autonomie, l’autonomie, l’autonomie. Et donc la multiplication des conflits dans les établissements. Ce n’est pas la vision qu’a le SNALC de notre système éducatif. Il l’a fait savoir.

UNE CLASSE DE SECONDE TOUJOURS AUSSI CATASTROPHIQUE

Alors que le niveau seconde est de loin le plus problématique au lycée (il constitue une seconde année de troisième), c’est celui qui subit le moins de changements. On a presque un décalque de la seconde Chatel (les horaires sont les mêmes), avec quelques nuances :


  • Les enseignements d’exploration sont supprimés. Ils sont en fait remplacés par 1h30 de SES et 1h30 de Sciences numériques.

  • Les anciens enseignements d’exploration technologiques passent en option.

  • Sur le papier, on peut faire une option LCA latin ou LCA grec en plus d’une autre option générale (et d’une éventuelle option technologique), ce qui permet à un élève de faire latin et grec si l’établissement le propose. Rappelons toutefois que le « financement » des options fonctionnera toujours de la même manière : hors dotation spécifique du rectorat, les options sont à prendre sur l’enveloppe de marge.

  • L’accompagnement personnalisé n’est plus spécifiquement financé. L’AP et le nouvel accompagnement à l’orientation sont à prendre sur l’enveloppe d’autonomie, au même titre que les (très nombreuses) options et les groupes à effectif réduit. Chacun va donc davantage encore qu’aujourd’hui défendre ses heures au local.

  • L’enveloppe passe de 10h30 par division à 12h (+1h30). Ceci est contrebalancé par une diminution de 2h de l’horaire professeur dans la grille (-2h d’AP). Le solde global est donc négatif (-0h30).

VOIE GÉNÉRALE : UN NOUVEAU FONCTIONNEMENT

Les séries L, S et ES disparaissent au profit d’une nouvelle structure.


VOIE TECHNOLOGIQUE : GRILLE HORAIRE, ENVELOPPE D’AUTONOMIE



Hormis en STMG, ou nous avons obtenu en séance une augmentation de l’enveloppe d’autonomie par rapport à la situation actuelle, toutes les enveloppes d’autonomie sont en baisse. On note aussi une baisse générale de l’horaire élève (sauf en STMG et ST2S).



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