Dernières nouvelles du Pacte

Dernière mise à jour le 14 juin 2023 par slecourtier

© SNALC Alsace – d’après Affiche Presse mai 1968 Atelier des Beaux arts

à lire avant de s’engager

Ă  quoi que ce soit

Alors que vos chefs d’établissement, directions d’école et IEN commencent à vous transmettre des informations sur le pacte, voire vous incitent à le prendre ou vous demandent dès à présent de vous engager, les échanges entre les organisations représentatives et le ministère révèlent que beaucoup de zones d’ombre existent encore.

Le SNALC vous informe des rĂ©ponses donnĂ©es par l’administration mardi 13 juin 2023, lors du ComitĂ© Social d’Administration MinistĂ©riel auquel il siĂ©geait en tant qu’organisation reprĂ©sentative.  Un autre comitĂ© aura lieu mardi 20 juin sur le dĂ©cret cadrant les remplacements de courte durĂ©e, et une note de service sur le pacte doit Ă©galement ĂŞtre rĂ©digĂ©e.

Le SNALC rappelle qu’il s’oppose au pacte, qui ne répond pas à notre revendication d’un rattrapage salarial sans contrepartie, et qui crée une première forme d’annualisation d’heures d’enseignement dans le premier comme dans le second degré. Il appelle donc l’ensemble des collègues à ne pas le signer.

Une rĂ©partition des missions non contraignante… mais contraignante quand mĂŞme

Les projets de dĂ©cret et d’arrĂŞtĂ©  ne priorisent en rien telle mission par rapport Ă  telle autre, et n’imposent pas règlementairement de devoir prendre par exemple des remplacements pour avoir accès Ă  devoirs faits. De mĂŞme, ils n’indiquent pas que le pacte de la voie professionnelle devrait forcĂ©ment comporter 6 « briques Â» qu’il faudrait toutes prendre.

Cependant, certains de ces Ă©lĂ©ments devraient se retrouver dans la future note de service (notamment la fameuse « insĂ©cabilitĂ© Â» du pacte de la voie professionnelle).

De plus, des préconisations ont été envoyées par le ministère aux académies sur la répartition des briques par type de mission, avec un degré de contrainte supplémentaire dans le second degré sur la mission de remplacement de courte durée.

Le ministère laisse ainsi l’échelon local faire le sale boulot : il n’envoie que des prĂ©conisations, mais qui sont bien vite transformĂ©es en impĂ©ratifs Ă  tel ou tel niveau dĂ©concentrĂ©. Le SNALC a dĂ©noncĂ© cette manière de faire du ministère et, par derrière, du pouvoir politique, qui a ensuite beau jeu de s’étonner que ses propositions non contraignantes deviennent contraignantes au niveau de l’école ou de l’établissement.

Ă€ noter que la rĂ©partition des briques de pacte est la suivante : 32 % pour le premier degrĂ© VS 68 % pour le second degrĂ©. Les fameux « jusqu’à 500 euros Â» par mois annoncĂ©s par Emmanuel Macron se sont dĂ©jĂ  Ă©vanouis pour les rares professeurs des Ă©coles des Ă©chelons 5 et 6 qui auraient absolument voulu prendre 3 briques : il n’y aura de toute façon pas assez de briques pour ça. Un mensonge de plus…

Qui peut prendre quel pacte ? On n’en sait trop rien…

Le ministère a pĂ©dalĂ© dans la semoule hier pour essayer d’expliquer aux syndicats reprĂ©sentatifs, dont le SNALC, qui avait droit Ă  quel type de pacte. Un enseignant du premier degrĂ© exerçant en SEGPA peut faire des missions « second degrĂ© Â», mais peut-il faire du soutien en 6? On n’en sait rien. Un professeur d’EPS exerçant en lycĂ©e professionnel est-il Ă©ligible au pacte « 6 briques ou rien Â» des PLP ou bien a-t-il le pacte gĂ©nĂ©rique des collèges et LGT ? C’est une très bonne question.  Quelles missions va bien pouvoir effectuer un Psy-EN lĂ -dedans, qui ne sont pas dĂ©jĂ  des missions liĂ©es Ă  son statut ? Mystère et boule de gomme. Dans quelle case rentrent les futurs « rĂ©fĂ©rents-harcèlement Â» annoncĂ©s par le ministre comme faisant partie du pacte ? A priori, aucune.

Le SNALC a notamment signalé que la proposition du ministère permettant à un PLP exerçant en LP de pouvoir soudain devenir référent découverte des métiers dans un collège où il n’exerçait pas, et sous l’autorité du principal du collège, était complètement délirante.

Le SNALC a Ă©galement Ă©vitĂ© au ministère de rĂ©diger son texte n’importe comment sur le plan de la lĂ©gistique : le projet proposait d’attribuer aux CPE et Psy-EN une part fonctionnelle d’ISOE Ă  laquelle ils n’avaient pas droit Ă  la base. Le ministère a reconnu que l’analyse juridique du SNALC Ă©tait fondĂ©e.

Enfin, le SNALC a rappelĂ© la situation des professeurs documentalistes, qui peuvent thĂ©oriquement toucher la part modulable de l’ISOE, mais qui dans les faits ne le peuvent pas. Le ministère a rĂ©pondu que ce point allait ĂŞtre pris en compte, et que ce ne serait pas le mĂŞme système informatique pour le pacte. Si ce dernier fonctionne mieux, peut-ĂŞtre pourra-t-on enfin l’utiliser aussi pour la part modulable. Pourquoi tout simplement ne pas faire bĂ©nĂ©ficier les professeurs documentalistes de l’ISOE comme tout le monde, et comme le demande le SNALC ?

Tout reste Ă  faire

Le ministère a repoussĂ© Ă  la rĂ©daction de la note de service la plupart des questions centrales. Cette dernière ne sera pas publiĂ©e avant la semaine prochaine, voire avant la fin du mois. Il y sera notamment question de ce qui se passe si une mission n’est pas accomplie en intĂ©gralitĂ© en termes de paiement. Visiblement, on va sur de la proratisation (et donc de possibles remboursements de trop-perçus en fin d’annĂ©e). Le ministère essaiera aussi de nous expliquer le fonctionnement de la « fongibilitĂ© asymĂ©trique Â» (sic !) pour remplacer des heures d’une mission A par des heures d’une autre mission B dans certains cas. On a hâte.

On aura droit aussi Ă  un suivi Ă  partir de la rentrĂ©e, pour pouvoir par exemple vĂ©rifier ce que tout le monde sait dĂ©jĂ , Ă  savoir que le pacte est une mesure inĂ©galitaire avec les lignes de dĂ©marcation    qu’on a depuis longtemps identifiĂ©es dans les heures supplĂ©mentaires et les IMP (temps partiel/temps complet, femme/homme, par exemple).

En tout Ă©tat de cause, le SNALC vous avertit : ce qui est Ă  l’heure actuelle racontĂ© dans vos Ă©coles, collèges, lycĂ©es a toutes les chances d’être faux, imprĂ©cis et incomplet. Car le ministère lui-mĂŞme n’a pas encore les rĂ©ponses Ă  certaines questions. Ne vous engagez donc Ă  rien et attendez d’avoir l’ensemble des textes et des analyses et conseils du SNALC sur ces textes.

Songez aussi qu’un refus collectif permettra de rouvrir des nĂ©gociations sur la rĂ©munĂ©ration. Ă€ l’inverse, si la moitiĂ© des collègues venait Ă  s’engager dans le « travailler plus pour gagner plus Â», fĂ»t-ce pour des raisons individuelles parfaitement comprĂ©hensibles, nous perpĂ©tuerons le mythe que nous sommes des fainĂ©ants qui avons encore trop de temps libre, et que toute augmentation de notre rĂ©munĂ©ration doit passer par une augmentation proportionnelle de notre charge de travail. Nous aggraverons ainsi encore davantage le crise des recrutements et le mĂ©pris de nos concitoyens Ă  notre Ă©gard.

Paris, le 14 juin 2023

Jean-Rémi GIRARD
président du SNALC
president-national[a]snalc.fr

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